PLF 2020 : préparez vous aux mesures sur la TVA !

Taxe D'Icônes, Comptabilité, L'Argent, Finances

Le projet de loi de finances pour 2020 contient plusieurs mesures relatives à la TVA, dont celle pour lutter contre la fraude à la TVA dans le e-commerce. Or, toutes les entreprises sont touchées et pas uniquement les géants du numérique. Il s’agit donc de s’y préparer !

Avant même sa présentation au conseil des ministres -qui devrait avoir lieu le 27 septembre prochain – le projet de loi de finances pour 2020 (PLF 2020) a fait couler beaucoup d’encre. Parmi les sujets qui ont fait parler d’eux : la lutte contre la fraude à la TVA dans le commerce électronique.

Collecte de la TVA dans le e-commerce btoc

Le gouvernement souhaite en effet transposer au plus vite la directive européenne du 5 décembre 2017 permettant d’adapter la TVA aux spécificités du commerce en ligne : les e-commerçants se verraient dans l’obligation de collecter la TVA sur les achats des consommateurs français.

En clair, quand un Français achète un produit sur Internet vendu par une société non hexagonale, cette dernière devra appliquer la TVA sur sa facture et la reverser à l’État français. Ce qui était rarement fait jusqu’à présent, notamment par les plateformes américaines et chinoises.

Pour aider les entreprises, un guichet unique sera mis en place afin d’éviter les immatriculations multiples à la TVA dans chaque Etat de livraison des biens et d’appliquer le bon taux de TVA (qui diffère selon les pays européens).

Identifier les flux impliqués

Cette mesure, qui devrait être appliquée au plus tard au 1er janvier 2021, ne touche pas que les géants du numérique mais bien l’ensemble des entreprises réalisant du commerce électronique btoc. Nathalie Habibou, avocate et senior manager, experte en TVA, au sein du cabinet Arsene, invite donc toutes les entreprises à s’y préparer, quelle que soit leur taille. « Il s’agit dans un premier temps d’identifier la nature des flux dont on parle », conseille-t-elle.

L’avocate recommande également aux plateformes de e-commerce de se rapprocher des différents fournisseurs qui commercialisent sur leur site afin de s’assurer qu’ils sont bien en conformité avec cette nouvelle loi.

Nouvelles mesures concernant les livraisons intracommunautaires

Si cette mesure sur le commerce électronique est celle qui fait le plus parler d’elle, ce n’est pas la seule mesure concernant la TVA que contient le PLF 2020. L’univers du btob est également touché avec la transposition d’une directive européenne relative à la livraison intracommunautaire de biens en btob, dite « quick fixes » (soit solutions rapides).

2019-10-11T11:23:39+02:0011 octobre 2019|

Logiciels : le marché du social et du collaboratif aura doublé de taille en 2023

Réalisation, Accord, Collaboration, La Communication

Les ventes de messageries d’entreprises, de RSE et autres outils sociaux et collaboratifs devraient représenter près de 5 Md$ dans le monde d’ici quatre ans. Elles bénéficient d’une demande grandissante des organisations, et du développement de l’offre permise par le faible ticket d’entrée dont s’acquittent les éditeurs pour entrer sur le marché.

Dans un peu plus de trois ans, Gartner estime que 60% des éditeurs ciblant les entreprises auront introduit, sous une forme ou sous une autre, des aspects sociaux et collaboratifs dans leurs solutions. Il faut dire que les messageries instantanées, les outils de planifications de réunions ou encore les réseaux sociaux d’entreprises, pour ne citer qu’eux, ont le vent en poupe. Selon le cabinet d’études, le marché mondial des applications sociales et collaboratives dans les espaces de travail devrait en effet représenter 4,8 Md$ en 2023 contre 2,7 Md$ en 2018.

Un marché fragmenté où la concurrence ne fait pas rage

Le caractère fragmenté du secteur en plusieurs sous-marchés non concurrents entre eux contribue à son succès. Il rend l’investissement initial tout à fait abordable pour de nouveaux entrants, ce qui contribue par extension à l’élargissement de l’offre disponible. En outre, cette dernière se diversifie, avec le l’arrivée d’outils d’analyse de médias sociaux ou encore d’assistants virtuels personnels et de machines intelligentes dopés à l’AI. Un autre pilier de la croissance du marché est son potentiel de développement dans les pays émergents en termes d’utilisateurs potentiels. En 2023, les travailleurs manipulant de l’information devraient être 1,14 milliard dans le monde, dont un cinquième basé dans les pays émergents.

Répondre à des besoins plus pointus pour lutter contre Microsoft et Google

Slack est l’éditeur le plus souvent associé au marché de la collaboration dans l’espace de travail. Mais des poids lourds du logiciel tels que Microsoft et Google y ont également fait leur entrée et intégré leurs solutions collaboratives dans des suites office SaaS. Ces dernières sont utilisées par une importante population d’entreprises qui cherchent à résoudre des problématiques de productivité générale. En réaction, indique Gartner, les éditeurs dont les suites office ne sont pas dans le cloud devront se concentrer sur des besoins plus ciblés (ventes, marketing, services clients, chaîne logistique…) pour réussir à placer leurs offres dans des organisations déjà équipées de suites office hébergées.

2019-10-11T11:12:55+02:0011 octobre 2019|

L’Égalité professionnelle femmes hommes

Hommes, Gars, D'Affaires, Personne

L’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes est inscrite dans la loi depuis 1972. Pourtant, à travail de valeur égale, le salaire des femmes reste inférieur de 9 % à celui des hommes. Cet écart s’élève à 25 % tout poste confondu et à 37 % au moment du départ à la retraite. C’est socialement inacceptable, dans un pays qui a placé l’égalité au cœur du pacte républicain. C’est économiquement absurde, car la discrimination fondée sur le genre nuit à la performance économique des entreprises.

« C’est pour mettre un terme à cette situation que le Président de la République a fait de l’égalité entre les femmes et les hommes la grande cause de son quinquennat.
C’est dans ce contexte que la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel a créé un Index de l’égalité professionnelle femmes hommes qui met en place – enfin – une obligation de résultats.
J’ai l’honneur de pouvoir faire un premier point d’avancement pour les entreprises de plus de 250 salariés.

Quels sont les principaux enseignements ? Tout d’abord, toutes les entreprises ont des efforts à faire car rares sont celles qui affichent un score de 99 ou 100 qui doit être l’objectif vers lequel tendre. L’Index, avec ses 5 critères, indique ainsi clairement le chemin à suivre pour progresser.

En outre, 17 % des entreprises sont en alerte rouge. Elles doivent prendre des mesures dès cette année pour corriger les inégalités criantes ainsi mises au jour. Enfin, si l’égalité salariale est plutôt respectée dans notre pays, il existe un plafond de verre qui empêche les femmes d’accéder aux plus hautes fonctions.

À partir du 1er mars 2020, l’Index sera déployé pour toutes les entreprises de plus de 50 salariés. La vie de millions de femmes s’en trouvera ainsi améliorée, en termes de perspectives de carrière et de salaire. Nous aurons alors franchi un pas décisif pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans notre pays. »

Muriel Pénicaud, ministre du Travail

2019-10-11T11:01:31+02:0011 octobre 2019|

Mentions obligatoires d’une facture : tout savoir !

Classeur, Factures, Comptabilité, Archives, Documents

La facture répond à un certain nombre d’obligations. Quelles sont les mentions obligatoires ? Quelles sanctions pour les contrevenants ? Revue de détail.

À compter du 1er octobre 2019 deux nouvelles mentions devront figurer sur les factures :

  • l’adresse de facturation si elle est différente de celle de livraison
  • le numéro du bon de commande s’il a été préalablement émis par l’acheteur.

Les sanctions pour infraction aux règles de facturation sont renforcées par l’instauration d’une amende dorénavant de nature administrative. Ces nouvelles dispositions résultent de l’ordonnance du 24 avril 2019 portant refonte du titre IV du livre IV du Code du commerce relatif à la transparence, aux pratiques restrictives de concurrence et aux autres pratiques prohibées.

La forme de la facture

Une facture est une note détaillée de services réalisés ou de marchandises vendues. Elle doit répondre à un certain nombre d’obligation concernant la forme :

  • être rédigée en langue française
  • être établie en 2 exemplaires, dont l’original pour le client
  • comporter un certain nombre d’indications détaillées ci-dessous.

Une entreprise établie en France peut également sous certaines conditions  :

  • facturer dans une monnaie étrangère sous réserve que la devise étrangère soit reconnue internationalement et convertible (dollar ou livre sterling par exemple) et que la réintégration dans la comptabilité de l’entreprise se fasse en euros.
  • rédiger la facture dans une langue étrangère (dans ce cas, l’Administration peut exiger la traduction certifiée par un traducteur juré, pour contrôle).

Factures : les mentions obligatoires

https://www.economie.gouv.fr/entreprises/factures-mentions-obligatoires?xtor=ES-29-%5bBIE_183_20190923_NonOuvreurs%5d-20190923-%5bhttps://www.economie.gouv.fr/entreprises/factures-mentions-obligatoires%5d-35926

 

2019-10-11T10:44:33+02:0011 octobre 2019|

La croissance économique française baisse mais les PME résistent

L'Argent, Profit, Finances, D'Affaires, Retour

Une enquête de Bpifrance le Lab, publiée cet été, montre la résilience et l’optimisme des PME face à une croissance économique française en berne. Explications.

La croissance française ralentit et les incertitudes économiques du marché mondial s’accumulent, mais les PME françaises résistent. Mieux, elles restent dans l’ensemble confiantes quant à leurs perspectives de croissance, d’investissements et d’embauches pour le deuxième semestre 2019 et 2020. C’est l’enseignement essentiel que l’on peut tirer de la 69ème enquête de conjoncture auprès des PME publiée par Bpifrance le Lab le 31 juillet 2019.

Baisse d’activité mais embauches maintenues

La croissance économique tricolore ralentissant en 2019 (l’Insee la chiffre actuellement à +1,3% au lieu de 1,7% en 2018), l’étude indique qu’il est logique de voir l’activité des PME baisser en ce deuxième semestre. Celles du secteur de l’industrie (-6 points) et de la construction (-7 points) sont plus touchées par la baisse d’activité que les autres, tandis que celles du commerce sont les seules à enregistrer une légère hausse (+1 point). Côté embauches, Bpifrance le Lab montre que les PME tricolores se maintiennent en 2019, à l’exception de celles évoluant dans le secteur industriel. Cependant l’enquête module cette donnée en rappelant que le recrutement reste toujours un challenge pour 81% des PME tricolores.

Les PME continuent d’investir

L’étude révèle que 50 % des PME déclarent avoir investi ou prévoient d’investir d’ici la fin d’année, soit 1 point de plus que l’an passé. Une tendance déjà installée puisque l’ensemble des montants investis est resté stable depuis un an. Selon Bpifrance, cette résilience dans l’investissement s’explique par  » une situation financière des PME toujours aisée et des conditions d’accès au crédit très favorables « .

Optimisme à toute épreuve

Baisse d’activité modérée, maintien de l’embauche et de l’investissement, cette enquête démontre que les PME françaises tiennent le choc face à une croissance française atone et un pouvoir d’achat qui ne décolle toujours pas. Et Philippe Mutricy, directeur de l’évaluation, des études et de la prospective de Bpifrance Le Lab de conclure :  » L’optimisme des PME résiste plutôt bien malgré les incertitudes internationales et la dégradation de la conjoncture mondiale que ressentent plus fortement les PME exportatrices et innovantes. La question se pose désormais de savoir si ces résultats traduisent seulement un ralentissement passager de l’activité ou bien s’ils présagent un fléchissement progressif de l’économie française vers sa croissance potentielle après deux très bonnes années. « 

2019-09-17T15:11:48+02:0017 septembre 2019|

Les entreprises françaises protègent mal les données confidentielles en interne

Une vaste enquête menée par l’éditeur Kaspersky début 2019 dans 14 pays montre que les organisations françaises sont à la traîne pour garantir la confidentialité des données en interne ?

Pour cette étude, 7000 employés de bureau dans 14 pays ont été interrogés, dont 1046 Français. Les résultats montrent que les entreprises ne se préoccupent pas assez d’assurer la confidentialité des données auprès de leurs employés, notamment en France.

Ainsi, 40% des employés français ont déjà eu accès à des informations confidentielles sur leurs collègues, comme les salaires et primes, les informations bancaires ou les mots de passe. A l’échelle internationale, la moyenne est de 37%. Rappelons qu’avec l’entrée en vigueur du RGPD, la responsabilité des dirigeants en cas de problème avec des données confidentielles est directement engagée.

Les salariés français ne se sentent pas responsables de la protection des données

La sécurité et la protection des données devraient en théorie être l’affaire de tous. Pourtant, les entreprises françaises se distinguent par un faible niveau de responsabilisation de leurs collaborateurs en matière de protection des données. Ainsi, 14% des employés français seulement pensent que la responsabilité de la gestion des accès dans l’entreprise leur revient, contre 20% à l’international. Pour ces répondants, le premier responsable est le service informatique (37%).

Conséquence de  ces politiques de sécurité insuffisantes, 40% des salariés français interrogés reconnaissent avoir toujours accès à des données appartenant à un de leurs anciens employeurs, contre 33% à l’international : documents partagés, mails, fichiers en ligne…

Le partage de mots de passe encore fréquent

Enfin, le partage de mot de passe, proscrit par tous les experts en cybersécurité, reste pratique courante : 33% des employés français ont déjà partagé leurs accès avec un ou plusieurs autres collègues. A l’international, la proportion est de 29%.

Pour Tanguy de Coatpont, directeur général de Kaspersky France, « le manque de contrôle et d’organisation des fichiers numériques, notamment les fichiers hébergés sur le cloud ou via des services tiers, peut mener à des fuites de données et des incidents de sécurité. Le plus souvent, la première conséquence reste cependant la perte de productivité. » Ce dernier conseille de mettre en place une politique de gouvernance des données qui intègre la question des droits d’accès mais également la protection contre les cybermenaces. « Il s’agit du moyen le plus sûr pour permettre aux employés de travailler efficacement, tout en protégeant la propriété de l’entreprise. »

2019-09-17T15:12:18+02:0017 septembre 2019|

RGPD : la Cnil actualise son modèle de registre de traitements pour les PME

cnil-registre-rgpd

La Cnil a publié, au format tableur, un modèle de registre de traitements de données axé sur les besoins des petites structures.

Exit les PDF et les fichiers texte, place au tableur.

La Cnil a choisi le format ODS (feuille de calcul OpenDocument) pour diffuser son nouveau modèle de « registre RGPD ».

L’article 30 du règlement européen impose la tenue d’un tel registre par les organismes qui, dans le cadre de leurs activités, traitent régulièrement des données personnelles.
L’obligation s’impose aussi aux sous-traitants.

Le document doit permettre d’identifier, pour chaque traitement :

– les parties prenantes (le responsable ou sous-traitant, son représentant, son DPO et les éventuels responsables conjoints) ;
– les finalités ;
– les catégories de données traitées et de personnes concernées ;
– les cas échéant, les destinataires des données et les transferts vers un pays tiers ou à une organisation internationale.

On spécifiera par ailleurs, « dans la mesure du possible », les mesures de sécurité techniques et organisationnelles assorties auxdits traitements. Par exemple, la sauvegarde, le chiffrement et la mise en place de systèmes de traçabilité.

Une dérogation pour les PME

Autre information recommandée, mais non obligatoire : les délais envisagés de conservation des données.

La Cnil avait intégré cet élément dans son précédent formulaire. Pas dans la version actualisée, censée répondre « en particulier » aux besoins des petites structures.

L’un des onglets du tableur permet de lister les activités qui nécessitent de traiter des données personnelles.
Un deuxième contient un modèle de fiche opérationnelle à reprendre pour chaque traitement.
Un troisième présente un exemple de mise en page et de saisie du registre.

Ledit registre doit être mis à disposition de la Cnil sur demande.

Les entreprises de moins de 250 salariés (c’est-à-dire les PME au sens de l’Insee) bénéficient d’une dérogation : il ne leur est pas imposé de lister les traitements mis en oeuvre de manière « occasionnelle et non routinière ». Typiquement, une campagne de communication pour l’ouverture d’un établissement.

Il leur appartient, en revanche, de renseigner les traitements susceptibles de comporter un risque pour les droits et libertés des personnes (géolocalisation, vidéosurveillance…). Ainsi que ceux qui impliquent des données sensibles (santé, infractions…).

 

2019-09-17T14:51:59+02:0017 septembre 2019|

Loi Pacte : ce qui va changer pour les seuils sociaux en 2020

Loi Pacte : ce qui va changer pour les seuils sociaux en 2020

La loi Pacte harmonise les seuils sociaux des entreprises. Ces changements s’appliqueront en 2020. Voici les nouvelles règles pour s’y retrouver. A partir du 1er janvier 2020, les règles concernant les seuils sociaux seront simplifiées par la loi Pacte. L‘article 11 de la loi harmonise en effet le calcul des effectifs des salariés au sein des entreprises. A l’avenir, les chefs d’entreprise devront appliquer uniquement trois seuils :

  • 11 salariés,
  • 50 salariés,
  • 250 salariés.

Cependant, il existe tout de même quelques exceptions, comme l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés pour les entreprises qui franchissent les 20 salariés.

Simplification des seuils sociaux

Ces nouveaux seuils auront trois effets concrets. D’une part, une diminution de certaines charges sociales pour les entreprises. Dans un premier temps, les entreprises de moins de 50 salariés n’auront plus à payer la contribution FNAL à 0,50 %. C’est aussi le cas pour la participation à l’effort de construction qui concernait les entreprises de plus de 20 salariés. En 2020, l’effectif passera à 50 salariés.

D’autre part, l’allègement des obligations pour les entreprises de moins de 250 salariés. Il ne sera plus obligatoire de communiquer aux actionnaires les rémunérations versées aux 10 personnes les mieux rémunérées dans les sociétés anonymes (SA) qui comptent moins de 250 salariés. Et enfin, la suppression des conditions d’effectif pour l’application du titre emploi-service qui pourra être mis en place dans toutes les entreprises.

Le nouveau mode de calcul des effectifs

Le mode de calcul des seuils sociaux. Pour l’instant, il est possible de calculer l’effectif d’une entreprise à l’aide de plusieurs sources : le code du travail, le code de la sécurité sociale, le code du commerce et le code général des impôts.

Tout change avec l’entrée en vigueur des nouveaux seuils. « Pour simplifier ce calcul, une seule règle sera conservée, celle de la sécurité sociale » précise Me Julie Sanchez, avocate en droit social à Montpellier. Ainsi, l’article 130-1 du code de la sécurité sociale précise que l’effectif salarié annuel d’une entreprise doit correspondre à « la moyenne du nombre de personnes employées au cours de chacun des mois de l’année civile précédente.

Pour calculer les effectifs, il faudra donc :

  • Se situer sur l’année civile précédente (1er janvier – 31 décembre) .
  • Procéder à un décompte, à la fin de chaque mois, du nombre de salariés présents.
  • Réaliser une moyenne des effectifs comptabilisés sur les 12 mois de l’année civile prise en compte.

Il y a d’autres précisions importantes à retenir :

  • Les salariés en CDI à temps plein compteront pour 1.
  • Pour les salariés à temps partiel, il conviendra de proratiser leur temps de présence en divisant leur durée du travail par la durée légale ou conventionnelle applicable au sein de l’entreprise (pour un salarié qui travaille 28 heures hebdomadaire, il faudra compter 28/35 = 0,8).
  • Pour les salariés en CDD, il conviendra également de réaliser un prorata selon leur temps de présence au cours des 12 mois précédents.

Par exemple, pour le calcul des effectifs d’une entreprise au 1er janvier 2020, il faut prendre en compte les effectifs de l’année 2019. Si 12 salariés en CDI sont présents sur les 12 mois de l’année et 2 salariés en CDD 25h sont présents pour le mois d’août.  Pour les deux salariés en CDD d’un mois de 25h par semaine, le calcul est 25/35 = 0,7. La formule finale est donc : 12 + (0,7 x 2) = 13,4.  L’entreprise compte donc pour l’année 2019, 13,4 salariés.

Les effets de seuils seront assouplis

Pour éviter des changements brutaux en cas de changement de seuil, la loi Pacte prévoit que le franchissement à la hausse d’un seuil sera pris en compte seulement si ce seuil est atteint ou dépassé pendant 5 années civiles consécutives. Ainsi, Julie Sanchez précise « qu’il faut que l’entreprise comptabilise plus de 11 salariés sur l’année 2019, 2020, 2021, 2022 et 2023 pour se voir appliquer les obligations fiscales et sociales de ce seuil ». Cependant, il existe des cas pour lesquels ce délai de 5 ans ne s’applique pas. En effet, l’obligation de mettre en place un règlement intérieur s’applique 12 mois après le franchissement du seuil pour les entreprises de plus de 50 salariés.

Par contre, Me Julie Sanchez précise « qu’une entreprise franchira à la baisse un seuil d’effectif dès lors que cette baisse aura durée une année civile complète ». Si toutefois, durant l’année 2023, l’effectif moyen est passé en dessous de 50 salariés, elle ne sera plus soumise à ces obligations. Il faudra alors qu’elle franchisse à nouveau le seuil de 50 salariés durant 5 années civiles consécutives pour appliquer les dispositions correspondantes. 

2019-09-17T14:45:10+02:0017 septembre 2019|

Conservation des justificatifs de notes de frais : il y a du nouveau

 

Les documents et justificatifs à tenir à la disposition des services de l’Urssaf peuvent désormais être numérisés. Un arrêté du 23 mai 2019 a défini les modalités de cette numérisation.

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019 a prévu une obligation de conservation des documents, ou pièces nécessaires à l’établissement de l’assiette, ou au contrôle des cotisations et contributions sociales pendant une durée au moins égale à six ans. Et ce, à compter de la date à laquelle les documents ou pièces ont été établis ou reçus.

Cette même loi a instauré la possibilité que les documents ou pièces établis ou reçus sur support papier puissent être conservés sur support informatique.

L’arrêté du 23 mai 2019, dont les dispositions sont entrées en vigueur le 1er juillet 2019, a fixé les modalités de cette conservation.

Des modalités de conservation strictes

L’arrêté du 23 mai 2019 prévoit tout d’abord que le transfert et l’archivage numérique d’un justificatif établi originairement sur support papier doivent être réalisés dans les conditions et garanties prévues à l’article A.102 B-2 du livre des procédures fiscales.

Cet article impose ainsi des garanties plus complètes que celles qui existaient déjà en application du décret du 5 décembre 2016 (qui, pour mémoire, a instauré une présomption de fiabilité des copies numérisées de documents initialement sur support papier). Désormais, les modalités suivantes doivent être respectées.

Concernant le transfert de documents papier vers un support informatique, celui-ci doit être réalisé dans des conditions garantissant leur  » reproduction à l’identique « . Les conditions sont drastiques : le texte impose au logiciel de numérisation de réaliser une copie conforme à l’original, en image et en contenu. Bien évidemment, les dispositifs de traitements sur l’image sont interdits.

Concernant l’archivage ensuite, il résulte de l’article A.102 B-2 du livre des procédures fiscales que l’archivage numérique doit être réalisé par l’assujetti ou par un tiers mandaté, selon une organisation documentée, faisant l’objet de contrôles internes permettant d’assurer la disponibilité, la lisibilité et l’intégrité des documents ainsi numérisés.

Afin de garantir l’intégrité de chaque document numérisé, la conservation est imposée sous format PDF respectant des normes particulières de sécurité. Chaque fichier doit par ailleurs être horodaté.

Numérisation non conforme = absence de justificatif

Avec ce nouvel arrêté, dès lors que les conditions définies ci-dessus sont respectées, il est possible de ne plus conserver les justificatifs papiers.

Dans l’ensemble, il s’agit d’une bonne nouvelle pour les entreprises qui vont pouvoir digitaliser complètement une partie de leur gestion administrative. L’avantage est certain concernant le traitement des frais professionnels par exemple. Rappelons que, jusqu’alors, et même si le dispositif des traitements des frais professionnels était informatisé, les justificatifs papier devaient être conservés  » par mesure de prudence « .

Cela étant, l’arrêté du 23 mai 2019 prévoit que, lorsque la présentation d’une pièce justificative ou d’un document numérisé ne répond pas à l’une des conditions définies ci-dessus, le cotisant doit être en mesure de présenter l’original sous format papier.

À défaut, cette situation sera assimilée par le contrôleur Urssaf à une absence de documents (impliquant dès lors un redressement par taxation forfaitaire).

Par conséquent, en cas de doute sur le respect de ces obligations, il conviendra de continuer à conserver les éléments sur support papier. En tout état de cause, tous les justificatifs datés d’avant le 1er juillet 2019 devront également être conservés.

2019-07-30T15:36:16+02:0030 juillet 2019|

ERP, Progiciels de gestion intégrée : vers une pénurie d’experts ?

 

Aujourd’hui, tous les éditeurs, notamment les grands de l’ERP, affichent une même ambition : convaincre les entreprises de basculer leurs solutions dans le Cloud. Pour inciter les entreprises à migrer leurs ERP dans le Cloud, certains éditeurs présentent les bénéfices de cette démarche annonçant même l’arrêt du support de ces outils à l’horizon 2025.

En raison de la fin annoncée du support technique des grands éditeurs, les entreprises doivent faire face à des échéances serrées, auxquelles vient s’ajouter une crise potentielle, liée au non-remplacement des experts.

Des experts qui se raréfient

Les acteurs du passage à l’an 2000 sont aujourd’hui des experts qui connaissent parfaitement les progiciels de gestion intégrés, mais envisagent aussi désormais de prendre leur retraite. Les éditeurs d’ERP ont beau affirmer que la prochaine vague d’innovation numérique évoluera autour de leurs plateformes, les jeunes talents boudent le monde des progiciels de gestion intégrés. Difficile, en effet, de lutter contre le développement d’applications mobile, cloud, ou de créer des modèles métier qui ignorent les limitations caractéristiques des ERP.

Si cette pénurie d’experts en ERP était prévisible, elle risque d’être accentuée par la pression exercée sur les entreprises pour qu’elles adoptent de nouvelles plateformes, telles que SAP S/4 HANA ou Oracle ERP Cloud. Cette situation coïncide en effet avec un intérêt croissant pour le cloud, l’intelligence artificielle et les stratégies de transformation numérique ; autant de technologies qui exigent le recrutement de spécialistes.

Comme l’annonçait l’étude Gartner de juillet 2018 : « On ne remplace pas des spécialistes en ERP aussi simplement qu’il y a 10 ans. Les candidats extérieurs possédant les compétences nécessaires se font de plus en plus rares. La demande croissante en employés, capables de gérer des projets numériques et les besoins en talents numériques des business units, ne fait qu’aggraver le manque de compétences en créant une nouvelle forme de concurrence dont profitent les ressources IT les plus performantes. »

Envisager sérieusement l’option SaaS

Certaines entreprises cherchent à contourner les obstacles en validant l’option SaaS aux termes de laquelle la responsabilité technique est en partie assumée par le fournisseur cloud. Mais, migrer vers le SaaS, c’est aussi se résoudre à utiliser un noyau ERP simplifié et une personnalisation réduite. Les éditeurs ont en effet tendance à inciter les utilisateurs à certaines « bonnes pratiques », qui ne sont bonnes que pour les entreprises auxquelles elles apportent de réelles améliorations. Cette option est en revanche moins acceptable pour certains secteurs industriels spécialisés, pour lesquels les éditeurs n’ont pas encore pris la peine de répliquer certaines fonctions spécifiques à leur activité sur la plateforme SaaS.

Si le fait d’adopter la déclinaison « Cloud » d’un logiciel annule certains obstacles techniques, d’autres vont apparaître. Pour mener cette stratégie à bien, les entreprises devront en effet développer l’expertise informatique hybride nécessaire pour partager données et processus entre les systèmes locaux et le cloud. Or, de telles compétences restent délicates à trouver. Même en engageant une armée de consultants pour accompagner la mise en œuvre d’un ERP, une entreprise aura toujours besoin d’experts pour continuer à s’en occuper après leur départ. Ces différentes pressions concernent a fortiori les plateformes dont l’éditeur a fixé la date à laquelle les anciennes versions cesseront de bénéficier d’une maintenance générale.

À chaque entreprise son rythme

Mais les entreprises ne sont pas obligées d’opérer seules cette transition, ni de se laisser imposer un calendrier. Une industrie du support « tierce partie » se développe actuellement, dont la mission est de répondre aux attentes d’entreprises qui ont compris qu’elles n’avaient pas forcément intérêt à payer des services d’assistance, dans le cadre d’un contrat de maintenance signé avec l’éditeur de leur ERP.

Si une entreprise estime qu’il lui est en effet nécessaire d’adopter la dernière plateforme de son éditeur, le recours à un service d’assistance extérieur peut l’aider à diminuer le coût du support pendant la phase de transition. En revanche, si l’entreprise ne voit aucune raison d’abandonner l’implémentation actuelle, un service d’assistance tierce partie lui permettra de l’utiliser au-delà de sa date annoncée d’obsolescence.

Les entreprises ont aujourd’hui le choix : soit moderniser leur ERP en utilisant d’autres méthodes, et en profitant éventuellement de l’économie d’échelle qu’apporte la migration vers le cloud. Soit prolonger leurs capacités à l’aide de logiciels et services cloud supplémentaires. Quel que soit le résultat final, l’important est que les entreprises fassent le choix le plus pertinent pour leurs cas propres.

 

2019-07-30T15:42:58+02:0030 juillet 2019|